Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 13:08
NOS RALLYES ... le jour J

Votre grand-père étant Le responsable se devait de lancer le départ après avoir donné quelques consignes de sécurité et de bonne conduite : pas question de multiplier les risques inutiles, fusse pour la gloriole ; pas question, non plus, de manquer de respect envers les ‘gens du Marais’ qui nous accueillaient si chaleureusement ; encore moins question de prendre la nature pour une vaste poubelle … chacun recevait une poche poubelle avec la feuille de route.

Mais là, votre grand-père ne s’entourait plus de ses ‘trois femmes’ (les jumelles et moi) ; certes, il gardait ‘Chaussette’ car, à bien y repenser, il l’aimait un peu plus que bien.

A ses côtés il choisissait plus volontiers des ‘assistantes’ efficace : Francine et sa rigueur, Anne Marie et sa méthode, et Domi, son meilleur copain dont la voiture était plus fiable et confortable que la 4L.

Une fois le départ donné cette petite équipe passait d’étape en étape, d’aubergiste en éclusier, d’artisan en artiste pour s’assurer que tout se déroulait au mieux avant de rallier l’arrivée un peu avant les rally-eurs pour les accueillir.

Corine en profitait pour faire équipe avec Pat, le gentleman célibataire du groupe qui s’amusait à lui faire entrevoir que, peut-être ? Mais ni l’un ni l’autre n’étaient dupe à ce jeu de l’amour ou du hasard !

Pour ma part, et c’était ‘tout vu’ par avance, je me laissais embarquer par l’ami Jojo : nous nous entendions bien parce que nous avions tous les deux ce petit grain de folie qui nous faisait sillonner la compagne en grattant la guitare.

Notre étape était bien évidemment, celle de ‘la Grange’, une vraie ancienne grange reconvertie en salle de spectacle. Là, nous retrouvions des artistes aussi divers que farfelus, aussi talentueux qu’improbables, des professionnels et des amateurs ; nous prenions un plaisir fou à nous essayer dans leurs ‘impros’ ; nous en profitions aussi pour réviser les chants que Jojo proposerait pendant les séjours à la neige. A l’occasion, eh oui, déjà, j’écrivais quelques rimailles auxquelles Jojo s’efforçait de donner un ‘air à chanter’.

Compte tenu de la saison automnale ces rallyes ne se terminaient pas par un repas champêtre.

Dans un premier temps, l’arrivée était prévue dans un lieu couvert, le plus souvent une grange mise généreusement à notre disposition par un cultivateur ou un éleveur (vaches ou chèvres, c’était selon).

Il y avait alors tout un cérémonial : les concurrents remettaient leurs copies (entendez par là les pages à complèter sur leurs feuilles de route) et passaient devant le jury pour répondre aux questions subsidiaires destinées à départager d’éventuels ex-aequo et déposer leurs ‘trophées de guerre’, tous ces objets commençant par le lettre … dont chacun rapportait un point supplémentaire.

Dans un angle, sur une table recouverte d’une nappe en papier ornée de logo MACIF dessiné avec art par Anne Marie, les prix étaient exposés à la convoitise de tous et, plus particulièrement, des petits orgueilleux, sûrs de leurs prestations et qui se voyaient déjà, coupe en main, sur la première marche du podium ;

Parce que, oui, il y avait un podium pour les trois premiers : un tabouret bas (à traire les chèvres), une chaise paillée (de préférence dé paillée) et un escabeau (en bon vieux bois vermoulu).

Dans un autre coin, une longue planche sur tréteaux, également recouverte d’une nappe en papier copieusement ‘logotisée,’ proposait des boissons, peu ou pas alcoolisées et quelques tourteaux fromagés ou pâtisseries locales à consommer sans modération en attendant l’annonce des résultats.

Ensuite avait lieu la proclamation du classement et la remise des prix : trois coupes gravées(« Rallye MACIF + l’année ») solennellement décernées sur ce podium improvisé et une poignée de médailles, également personnalisées ; une poignée qui dépendait du nombre des participants car chaque ‘équipage’ en recevait une sauf le perdant, le dernier, qui recevait en lot de consolation un superbe stylo MACIF (un de ceux qui sont offerts lors des assemblées générales …votre grand-père réussissait toujours à en détourner quelques-uns).

‘Cuicui’ (bien sûr ce n’était pas son vrai nom mais, comme il était petit-menu et qu’il parlait beaucoup pour ne rien dire, on l’avait surnommé ainsi … au point qu’on avait presque oublié son nom de baptême) ‘Cuicui’ donc était un habitué du stylo, à croire qu’il le faisait exprès pour agrandir sa collection ? Mais non, privé de son épouse Anne-Marie il rally-ait courageusement avec ses deux enfants à peine plus âgées que votre papa !

Enfin, pour ceux qui le désiraient et qui l’avaient précisé lors de l’inscription, un repas chaud était proposé dans l’une des auberges de Coulon : un menu local, sauce aux lumas ou matelote d’anguilles, accompagné de larges tranches de pain de campagne et de pichets de rouge ; après l’incontournable fromage de chèvre, des crêpes, tournées de main de maître sous nos yeux par l’aubergiste, venaient régaler nos estomac pourtant repus.

Cette fin de soirée se déroulait dans la bonne humeur –même pour ‘cuicui’ tout contant d’avoir reçu son énième stylo- et Jojo chauffait la salle avec ses chants (parfois très ollé) et sa guitare.

Est-il nécessaire de vous préciser que forcément, votre Grand-père et moi étions de cette fête ? « Bé non, por sûr ! »

Partager cet article

Repost 0
Published by chezsimone
commenter cet article

commentaires

arielle textes et poésies 17/07/2016 22:25

j'aime cette période de ta vie. j'espère que tu n'es pas devenue trop sage !
bises
arielle

Simone L.V. 18/07/2016 13:57

Ah! Ah! Ah! mais 'côté Mecs' j'ai l'art de taper dans l’œil ce ceux qui sont mariés et, of course fidèles! Bon, d'un autre côté je n'ai nulle envie de me remettre une corde au cou: je n'en retrouverai jamais une aussi longue et souple! (loll!) Bonne semaine

jill bill 17/07/2016 08:22

Clin d'oeil à la dernière phrase... eh oui, et sourire aux trois prix, bon dimanche Simone, bises

Simone L.V. 17/07/2016 14:16

Aussi bancales et vermoulues que soient nos trois marches de podium, et aussi cabossé que soit le sol de terre battue, nous n' avons jamais eu à déplorer de mauvaises chutes ... mais parfois un 'cassage' de tabouret ou un 'défonçage' de chaise (loll!!)
(je vais essayer de passer chez toi demain ... après j'ai les 'Minettes' qui arrivent pour la fin de la semaine.
Bises; Simone

Bienvenue Chez Simone

  • : Le blog de chezsimone
  • : Merci à toi, passant qui a poussé la porte de mon humble domaine, tu es ici chez toi!C'est ta curiosité qui nourrira mes énergies, ce sont tes commentaires qui me feront grandir. Je n'ai à mon menu que mon cœur et mon âme; par un semblant de don ma plume te les fera goûter. Si mon petit 'chez moi' réussit à te plaire, passant soit mon ami dans la ronde des mots !
  • Contact

Recherche

Catégories