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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 14:20
ORGANISATEURS DE RALLYES

Il y avait également ‘nos’ rallyes, ceux de la MACIF seule et que nous organisions à l’automne quand la nature et la température de l’air invitent à rêver de feux de cheminée.

J’aime tout particulièrement cette période de l’année où la fraicheur s’excuse presque de s’impose et laisse encore, magnanime, de larges heures au reste de chaleur ; et c’est peut-être un peu pour cela que j’affectionnais ces rallyes-là !

De plus, votre grand-père étant responsable de la commission des loisirs, il était le premier organisateur de ces rallyes. Il s’entourait de son habituelle équipe : une bande de bons copains désireux de bien s’amuser et de mettre en commune leurs compétences diverses et complémentaires.

Bien entendu Papet était notre Encyclopédie Universelle de référence et, bien sûr aussi, Jojo était de la partie.

Par contre, ce qui n’avait rien de ‘bien entendu’ ni de ‘bien sûr’ à priori est que je faisais partie de l’équipe : je les connaissais tous puisque je participais aux activités loisirs de la MACIF et aux ‘cinq à sept’ du Club ; ma présence était donc pour tous une évidence.

Ces rallyes-là commençaient par un mois de septembre affairé. Eh oui ! un rallye ne se prépare pas en quelques heures ; c’est tout un travail de réflexion, d’imagination et d’organisation pour le mettre sur pied.

Nous commencions par une réunion où chacun apportait ses idées, sa bonne volonté, ses petits dons, …et de quoi boire et manger. Cela se passait le plus souvent à la maison, dans notre HLM où notre salon était tellement habitué à accueillir qu’il ne s’effrayait ni du désordre ni des chaussures boueuses.

Assis en rond à même le sol autour de quelques bières et sodas (là, les alcools forts étaient bannis) et de paquets de chips, nous nous mettions au travail dans une ambiance qui, pour être détendue n’en était pas moins sérieuse. Vous comprenez pourquoi le pastis et le whisky c’était …pour le denier verre avant la route : pas question de délirer nous avions une trop grande responsabilité à assumer pour que ce ne soit pas du grand n’importe quoi…

… Quelques cadavres de bouteilles et de poches de chips plus tard, auxquels j’ajoutais une marmite de spaghettis sauce tomate, du côté des douze coups de minuit, nous nous accordions ‘le verre pour la route’ avant de nous séparer tout contents d’avoir bien travaillé.

Chacun repartait avec son ‘travail personnel’ …

Avec votre grand-père et nos incontournables jumelles nous nous chargions des contacts sur le terrain : aller voir les aubergistes et les éclusiers, les artisans et artistes locaux, le syndicat d’initiative de Coulon (centre incontestable des Marais), etc…

Pour cela j’étais un atout en or car mon père, de par son métier, connaissait le Marais et ses habitants mieux que quiconque et avait eu moultes occasions de leur présenter sa ‘petite famille’ ; j’étais donc connue et reconnue comme ‘l’enfant du pays’.

J’aimais ces virées un peu folles en ces débuts d’automne, surtout quand une petite pluie fine et continue s’invitait pour nous rappeler que, oui, l’été était bien fini. Je prenais un plaisir enfantin à enfiler à nouveau mes bottes en caoutchouc et mon ciré pour aller patauger dans les chemins marécageux de mon Marais ; c’est si bon de régresser de temps en temps !

Et là, l’accueil était toujours au rendez-vous !

J’ai mille et un souvenirs de ces moments passés avec les ‘Gens du Marais’ …

Une fois, le temps avait vraiment décidé nous jouer l’automne et le ciel déversait inexorablement tous ses nuages retenus durant l’été … il flottait à verse en somme!

Malgré nos équipements ‘de survie’ nous étions transis en arrivant à l’écluse du Pont d’Irleau.

Les gens de la terre marécageuse et des canaux sont aussi ceux de la compassion : dès que nous eûmes passé la porte, la femme de l’éclusier nous fit entrer dans sa cuisine où un bon feu de cheminée flambait de toutes ses bûches ; elle nous donna des serviettes de toilette pour nous sécher, nous suggéra d’enlever nos bottes détrempées, les disposa devant la cheminée et nous proposa de vieilles paires de bons chaussons douillet en s’excusant : « Fasez pas attention ; le sont pu neuf avour ; faut dire qu’l’avons ben sarvi ; mais I les garde a cause que l’pouvons torjours cor sarvir ! »

(Ne faites pas attention ; ils ne sont plus tout neufs aujourd’hui ; il faut dire qu’ils ont bien servi ; mais je les garde parce qu’ils peuvent toujours servir encore »

Après nous avoir ainsi dorlotés elle proposa : « Y’a cor d’la soupe ben chaude et I va vous fare une omelette. Qu’éto qu’vous préfarez, un coup d’rouge ou ben do café ? »

(Il y a encore de la soupe bien chaude et je vais vous faire une omelette. Que préférez-vous, un coup de rouge ou bien du café ?)

Là, votre grand-père, toujours à l’aise ‘comme chez lui’ répliqua : « deux coups d’rouge, un pour la soupe et un pour l’omelette ; et si vous avez un morceau de fromage de chèvre qui traîne, je suis preneur ! »

La brave éclusière ne s’en est pas offusquée, bien au contraire et nous a offert ce sympathique festin … à dix heures du matin !

Nous en aurions presque oublié que nous étions là pour préparer une étape du rallye…

…Vous comprenez à présent pourquoi je préférais ces rallyes-là ? Tout ce travail en amont, toute cette joie du partage et des imprévus … l’aventure déjà. Ces rallyes-là, ce n’était pas une journée mais trois semaines de fête !

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Published by chezsimone
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commentaires

arielle textes et poésies 10/07/2016 12:35

cet épisode est superbe. on sent que tu te plaisais.
bon dimanche en attendant la suite...
arielle

Simone L.V. 10/07/2016 15:57

(la suite) il va te falloir attendre un peu car je pars mardi pour Lourdes; ensuite ce sont les 'filles' qui doivent venir à la maison, donc ... mais les vacances, c'est les vacances!
Bises; Simone

Simone L.V. 10/07/2016 15:54

J'ai beaucoup aimé ces années-là, dans 'Mon' Marais dont j'ai toujours gardé la nostalgie! de plus, c'était une époque où nous nous sentions vraiment libres de toutes les pesanteurs actuelles et où nous vivions à 200 à l'heure!
Pour la suite de l'histoire il va te fa

jill bill 06/07/2016 17:48

De bons moments sur terra ça... aux petits oignons et pas que... merci Simone, bonne soirée, bises

Simone L.V. 06/07/2016 18:56

Merci pour ta visite! oui, cette époque là était belle et j'en ai plein d'excellents souvenirs! ... mais je vis encore de belles choses même si elles sont très différentes.
Jusqu'au 15 août je ne vais plus passer chez toi qu'en 'pointillés' et je publierai peu car j'ai un chouette et complet programme de vacances: accueil de ma sœur, de mes petites filles et d'une amie + un pèlerinage à Lourdes la semaine prochaine.
Bonne soirée à toit aussi; bises; Simone

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