Merci à toi, passant qui a poussé la porte de mon humble domaine, tu es ici chez toi!C'est ta curiosité qui nourrira mes énergies, ce sont tes commentaires qui me feront grandir. Je n'ai à mon menu que mon cœur et mon âme; par un semblant de don ma plume te les fera goûter. Si mon petit 'chez moi' réussit à te plaire, passant soit mon ami dans la ronde des mots !
Il y a bien longtemps que je n'ai pas offert une page à ma soeur Hélène
Il y a bien des jours, qu'après avoir ouvert des pages à ma petite fille Manon
,
après avoir couvert des pages de mes propres écrits
,
je me suis faite abstente
...
Alors, voici
Erosion
Arrachée au néant d’une nuit comateuse,
Naître dans le fracas d’un orage d’automne,
Se reconnaître ardente, imparfaite et rugueuse,
Et s’échouer à la grève d’une aurore hasardeuse,
Avide et malhabile à trouver le chemin,
Eclairé, simplement, d’un rêve de douceur.
Se laisser balloter aux flux et aux reflux
Des trop inexorables marées de l’existence,
Vouloir s’apprivoiser au gré des amitiés,
Se laisser emporter au rouleau de l’amour,
Se laisser approcher, enfin, peau contre peau,
User ses certitudes contre celles des autres,
Se retrouver, souvent, au bord du précipice,
Se rattraper, parfois, à la frange d’écume
De l’infini mystère, océan insondable,
De notre destinée et de la connaissance.
Se noyer aux abîmes du temps et de l’absence,
Puis renaître à la vie, se brûler à l’amour,
Douter plus qu’à son tour, douter et croire encore,
Se vouloir si légère, à ne blesser personne,
S’accepter si petite et tisser la patience,
Même dans la folie d’un destin à écrire,
Où, peut-être, sagesse sera la récompense ?
Rouler, rouler enfin, rouler, rouler toujours,
Panser ses bosses, des larmes sur les joues,
Rouler sa bosse, des rires dans la voix,
Et n’être plus, enfin, qu’infime grain de sable,
Forme douce et finie, au mystère insondable
De notre humanité, multitude éternelle,
Noyée dans l’infini, et peut-être immortelle.
Hélène Buscail
« Les fruits de l’Aurore »
