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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 07:07

Pour relever le Défi 139 des croqueurs de mots proposé par Enriqueta sur le thème de la résistance:

 

Au lendemain de toutes ces journées  de commémoration, lorsque je lis ce mot ‘résistance’, je ne peux que penser à cette période de guerre ouverte et de guérilla cachée dans les maquis, de déportations et de collaboration aussi qui se sont faites années de jeunesse pour nos aînés.

 

Mon père, ce héros ! Non il ne voulait surtout pas qu’on le considère ainsi!

Papa était un résistant : Pour fuir le STO (service du travail obligatoire en Allemagne), il avait fui l’épicerie encore paisible de ses parents et avait rejoint un groupe de maquisards dans la ‘Poche de Saint Nazaire’. Il n’en était pas revenu indemne et pourtant, lorsqu’il nous parlait de cette époque, ce n’était que pour évoquer ce qui, pour lui et ses compagnons d’infortune, avaient été de bons moments … Ici ou là, il faut bien que jeunesse se passe et s’éclate un peu !

 

Il nous racontait comment, avec un ou deux autres, ils faisaient en nocturne de périlleuses sorties en rase campagne pour tenter de rejoindre les habitations les plus proches avec un seul objectif : effectuer de savantes dérivations de courant et alimenter leur unique récepteur-émetteur, seul lien avec le reste de la France.

« Ces nigauds de paysans, ils planquaient des pièges à gibier dans leurs fermes pour nous coincer mais ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire ; nous, les p’tits gars résistants on avait plus d’un tour dans notre sac pour leur emprunter un peu de courant ! »

 

Il nous relatait, presque en riant, comment ils troquaient leurs rations militaires bien ‘dégueulasses’ contre des poulets ou des morceaux de cochon :

« Ils étaient tellement fiers, ces braves paysans, d’avoir des boites ‘riquaines’ dans leurs placards qu’on n’avait même pas besoin de négocier ; c’était un peu plus difficile pour les patates et les navets parce qu’on n’avait plus rien à donner en échange mais il finissaient souvent par se laisser attendrir par nos allures de ‘gosses aux abois’ ; si on tombait sur la fermière, elle ajoutait même quelques morceau de pain ; si on tombait sur un ‘vieux de la vieille’ il nous filait une chopine de gros rouge.

Avec tout ça, le cuistot, qui était cantonnier dans la vie, nous mitonnait des pots aux feux meilleurs que ceux de votre grand-mère et on se faisait de ces sacrés ‘chabots’ !

 

Jamais papa ne s’est plaint, jamais il n’a parlé de ces nuits à la belle étoile dans la pluie et le froid, la trouille collée au ventre : C’était sa vie de jeune homme et il ne voulait penser qu’il était passé à côté de ce qu’on appelle les ‘plus belles années’ !

 

Résistant, oui, je pense qu’il était fier de l’avoir été mais il ne fallait surtout pas lui dire qu’il était un héros parce que, il nous l’avait expliqué :

« Si on ne voulait pas être collabo, on n’avait pas beaucoup le choix : c’était ça ou l’Allemagne »

 

Pour moi, il était quand même ‘mon Père ce héros’ … la seule petite ombre au tableau c’est qu’il n’avait pas su emprunter le chemin de la résilience ; malgré tous ses effort, toute sa bonne volonté, et bien qu’il ait su accueillir chaleureusement ma correspondante allemande, pour lui, jusqu’à son dernier souffle  les allemands étaient restés des ‘boches’… Ultime résistance de ses souffrances passées!

 

Papa

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Published by chezsimone - dans Mes petits textes
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commentaires

Jeanne Fadosi 01/03/2015 11:20


coucou Simone . J'en profite pour signaler que pour le défi 140, je prends la barre avec une image et le feu vert de dômi contactée vendredi après-midi. rendez-vous sur mon blog Fadosi continue
lundi matin (http://fadosicontinue.blogspot.fr/)


Je mets en lien ce nouveau blog et n'oubliez pas que je modère les commentaires sur mes blogs


bises et belle fin de semaine

chezsimone 01/03/2015 14:21



Je prends note de tout ceci; merci et bonne fin de journée à vous aussi; Simone



Jeanne Fadosi 01/03/2015 11:17


un bel hommage à votre héros discret, votre père !

chezsimone 01/03/2015 14:20



Mon père a toujours eu beaucoup de pudeur et de discrètion sur ce qu'il faisait, y compris au plan professionnel; il avait aussi beaucoup d'humour et était capable d'autodérision. Je l'admirais
beaucoup et nous étions complices ... aussi de quelques farce! Je crois que j'ai eu beaucoup de chance Bonne fin de
journée; Simone


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 



Lenaïg Boudig 28/02/2015 13:32


Bonjour Simone. Tu ne m'en voudras pas, je viens tard lire ton article, j'ai beaucoup aimé comment tu évoques ton père et ton récit nous fait vivre avec lui ces temps difficiles. Merci beaucoup,
à bientôt, bises.

chezsimone 28/02/2015 19:18



Que tu viennes 'un peu tard' ce n'est pas grave et je te pardonne volontiers: moi aussi je n'ai pas toujours tout le temps que je voudrais pour aller chez les uns et les autres car d'autres
obligations existent; l'essentiel est que nous arrivions à partager!


Aujourd'hui la pluie m'a laissée un peu 'à la maison' du coup j'en ai profité pour 'faire le tour' des blogs que j'apprécie un mal pour un bien, en somme!


Mon père était génial quand il nous parlait de cette période de sa vie car (à part une petite rancoeur difficile à dépasser) il avait su en garder aussi les 'bons moments'; là j'ai dû 'faire
court' mais j'ai des anectotes encore plein la mémoire!


Bon dimanche; bises; Simone



luciole 83 24/02/2015 17:07


Coucou Simone


Beau témoignage ! Pas besoin d'images : elles défilaient dans ma tête au fil de tes mots ! Très réussi..


Merci de nous avoir plongé dans un pan de la vie des maquisards.. et Bisous

chezsimone 25/02/2015 21:33



Mon père, lui aussi, a su nous faire 'imager' cette résistance qu'il nous racontait à sa manière ... qu'il ne voulais pas sordide mais pleine du desir de survivre dans la dignité.


Demain j'aurais un peu plus de temps puisque mes petites filles sont repartie; je passerai sur ton blog. juste un clin d'oeil: la plus jeune de mes petites filles s'appelle Lucie te j'aime à
l'appelr ma LucioleBisous; Simone



Josette 24/02/2015 10:17


on ne se sépare pas de sa jeunesse... il y a tant de souvenirs dans les familles de cette époque ! 

chezsimone 25/02/2015 21:37



Les souvenirs des guerres, lorsqu'il sont évoqués dans les familles au lieu d'être tus créent des liens puissants en ceci qu'ils disent toute l'humanité qui emplissaient les hommes qui n'avaient
d'autre choix que de 'faire la guerre'!


et, oui, chacun a sa jeunesse ... même si elle s'est passé en résistance!


Bonne soirée; Simone



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